Maintien à Domicile. Résidence prioritaire.

L’ANNÉE DE MES 87 ANS.1

Volet VI               Maintien à Domicile. Résidence prioritaire.

Il y a consensus dans la société, même que le gouvernement se targue d’avoir une politique en ce sens, mais en réalité que fait-on pour maintenir les personnes âgées dans leur domicile ? Pas grand chose. Il y a bien des programmes virtuels dans les CLSC, mais lorsque j’ai téléphoné pour obtenir du support, après une batterie de questions, l’on m’a répondu : « nous n’avons rien pour vous venir en aide.»

Dans l’expression : maintenir les personnes âgées à domicile, n’y a-t-il pas deux éléments, potentiellement deux pôles d’intervention, à savoir évidemment la personne et également son domicile. Oui, l’on intervient pour donner quelques soins de santé lorsque les gens sont malades, mais en ce qui concerne l’habitation, la maison dans laquelle vit la personne âgée, y a-t-il des programmes spécifiques pour aider les gens à maintenir leur chez soi en bon état ? S’il y a des programmes en ce sens, ce sont des secrets bien gardés car moi qui ai depuis un certain nombre d’années ce statut de personne âgée, je n’en n’aie jamais entendu parler.

Et pourtant, et pourtant, si l’on veut que les personnes âgées demeurent le plus longtemps possible dans leur domicile, n’est-il pas logique que ce domicile soit suffisamment en bon état pour que celui ou celle qui l’habite se sache en pleine sécurité. Je ne vous apprends rien en vous signalant que la résidence personnelle des personnes âgées comme toutes les autres nécessitent à l’occasion des réparations causées par l’usure du temps. Pour la personne âgée, ces réparations prennent une importance particulière étant donné son état de fragilité. D’ailleurs, il en est de même pour la personne souffrant d’un handicap physique.

Qui se préoccupe de cette situation pourtant fréquente et des plus insécurisante pour la personne âgée qui n’est pas en mesure de faire les travaux elle-même que ce soit des travaux d’électricité, de menuiserie ou encore de plomberie ? En réalité, personne n’a aucune responsabilité à cet égard. Voici un exemple récent. Il y a à la limite de ma propriété un poteau qui relie le courant électrique venant de l’autre côté du chemin public à ma résidence. Or l’autre jour, un ami électricien m’a fait remarquer que ce poteau est en très mauvais état et qu’il serait prudent que je communique avec Hydro-Québec d’abord pour savoir qui en a la responsabilité et en second lieu pour faire vérifier son espérance de vie. Dès la première journée ouvrable, je téléphonai à la compagnie et ai eu de la difficulté à expliquer qu’il ne s’agissait pas d’un bris, mais d’une prévention étant donné qu’en tant que personne âgée cette situation était très inquiétante. On m’a répondu qu’on me rappellerait. Deux semaines plus tard, l’on ne m’avait toujours pas donné de nouvelles. Est-ce normal ? Dans tous les cas, l’on n’a certainement pas tenu compte que j’étais une personne âgée pour me répondre rapidement.

Pour que la personne âgée soit en sécurité et veuille continuer à habiter ce chez soi qui lui est cher, il faudrait trouver un moyen pour améliorer cette situation. En effet, lorsque la personne âgée se doit de faire appel à un service soit privé soit public pour des réparations à son domicile, il est important pour la sécurité de cette dernière que la réponse soit rapide et que les travaux soient effectués dans les plus brefs délais. Oui, il y aurait possibilité de trouver une solution qui somme toute ne coûterait pas grand chose aux autorités concernées.

Voilà ma proposition : c’est le concept de Résidence Prioritaire.

Lorsqu’une personne âgée vivant dans son domicile fait appel à un service soit privé, soit public, il faudrait que ce dernier soit dans l’obligation de répondre en priorité à la demande de la personne âgée ou handicapée.

Comment la personne ainsi priorisée pourrait-elle se faire reconnaitre par le service concerné ? C’est très simple. Les moyens d’identification existent déjà. Il s’agit tout simplement d’utiliser l’identification de la carte d’assurance maladie pour ce qui est des personnes âgées et la vignette d’handicapé pour les personnes à mobilité réduite. Donc aucun frais supplémentaire pour la mise en opération du programme. L’âge qu’il me semble raisonnable de retenir pour pouvoir bénéficier de ce privilège est de 80 ans. Les résidences ainsi identifiées pourraient aussi être facilement inscrites dans le registre municipal.

Cette pratique devrait être officialisée au niveau de l’Assemblée Nationale de sorte qu’elle serait assortie d’amende en cas de non respect. Pour qu’elle soit connue du public, il faudra faire appel à de la publicité gouvernementale. Il y a certainement en quelque part au gouvernement un budget déjà prévu à cet effet.

La faiblesse de cette proposition, c’est qu’elle ne vient pas des gens en place. Il est toujours difficile de faire accepter une nouvelle idée par les personnes en situation de pouvoir lorsqu’elle n’est pas initiée par ces dernières. Alors pour faire cheminer cette idée, il faudrait s’allier des organismes voués à la défense et à la promotion des gens âgés tel la FADOQ, l’AQDR, Les Petits Frères des Pauvres et d’autres plus intellectuels comme l’Observatoire Vieillissement et Société ou encore l’Institut de Gériatrie ou Vieillir en Liberté. On pourrait également mobiliser les municipalités étant donné qu’elles doivent établir un plan d’action pour les personnes âgées. Ce volet pourrait en faire partie.

Voilà ma proposition pour aider au maintien des personnes âgées à domicile. Je la fais en tant qu’habitant mon domicile ce qui est un atout important pour me permettre de continuer à apporter ma modeste contribution à la société québécoise. Je le fais également à partir des convictions acquises au cours de ma vie professionnelle ayant mis sur pied l’un des premiers Centre de Jour pour personnes âgées dans les années soixante-dix. Enfin, il m’a été donné d’avoir été proche aidant (aidant naturel) pendant dix ans auprès de mon épouse victime d’un AVC très sévère qui l’a cloué dans un fauteuil roulant tout en demeurant aphasique.

Louis Trudeau, 1929-11-05

1 Ce texte a été préparé pour une petite nièce qui étudie en gérontologie sociale.

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