RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

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Grand héron bleu englué dans des algues bleus dans la rivière Bonaventure à Saint-Norbert

Le réchauffement climatique est une réalité. Plusieurs s’en inquiètent à cause des habitudes de consommation effrénées des humains d’autres sont sceptiques et optent pour une position qui argue qu’il s’agit d’un phénomène cyclique de notre planète trouvant par-là une façon de se déresponsabiliser. Pourtant, deux constatations crèvent les yeux. La première, c’est qu’une consommation effrénée cause un tort irréversible à notre environnement et à la biodiversité. Nous n’avons qu’à penser à ces îles formées de déchets plastiques. La seconde, c’est que de toute évidence, la planète se réchauffe et des phénomènes des plus inquiétants peuvent être constatés presque quotidiennement. Récemment, l’on observait au Groenland la fracture de glaciers jusqu’alors considérés comme invulnérables.

«Le Groenland, c’est quand même dans l’extrême Nord et les îles de plastique, c’est ans le Pacifique.» pourrait-on dire. Oui c’est vrai, mais peut-on observer dans notre propre environnement des conséquences inquiétantes de ces excès de chaleur? Cet été vous avez vécu un été exceptionnellement chaud et ce phénomène risque de se répéter dans l’avenir. Vous avez sans doute tenté d’y remédier d’une façon ou d’une autre. Vous vous en êtes fort probablement très bien tirés. Mais se peut-il par ailleurs qu’il y ait chez nous dans notre environnement des méfaits inconnus et sur lesquels nous n’avons guère de prise qui sont également passablement inquiétants ?

Oui il a été signalé à notre Organisme des Bassins Versants de la Zone Bayonne des phénomènes jusqu’à maintenant pratiquement inexistants. Voici ce que décrit notre directeur général :

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Rivière Bayonne à Sainte-Geneviève-de-Berthier

La canicule hors de l’ordinaire, qui nous a tous affectés d’une façon ou d’une autre devrait balayer une fois pour toutes les derniers doutes sur le phénomène des changements climatiques. L’équipe Zone Bayonne  a tenté de tenir le programme établi dans le plan d’action du début de l’été. Toutefois la réaction tant de nos systèmes terrestres qu’aquatiques durant cet épisode caniculaire, a monopolisé une bonne partie de nos ressources et de notre travail. Cyanobactéries, lentilles d’eau, étiages sévères ont fait que  les courriels et les appels téléphoniques ont été beaucoup plus nombreux qu’au cours des autres étés. La préoccupation citoyenne est palpable et le « je n’avais jamais vu ça avant » est l’expression la plus entendue depuis la mi-juillet. Comme gestionnaire de l’eau nous sommes évidemment aux premières loges pour prendre connaissance de ces phénomènes qui semblent s’accélérer. Cette année, l’étiage de nos cours d’eau, c’est-à-dire l’état d’un cours d’eau à son plus bas niveau, a été exceptionnellement marqué et a causé une situation où l’eau demeurait sur place de sorte que certaines de nos rivières ressemblaient à des mares d’eau stagnante.

 

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Rivière Bayonne ; cyanobactéries

Pour l’apparition d’algues bleu-vert, à la lueur de nos connaissances actuelles, nous savons que c’est un cumul de plusieurs facteurs complexes. A la base, en quantité infime, depuis que le monde existe, de façon naturelle, elles sont présentes partout dans nos cours d’eau. Là où le bât blesse, c’est quand une canicule sévère comme celle de cette année se met de la partie ; combinée à une trop grande quantité de phosphore dans l’eau, elle provoque une explosion de cyano-bactéries qu’on appelle aussi Blooming en anglais. C’est cela qui donne cette apparence de peinture vert pâle sur le lac ou la rivière. C’est aussi un symptôme qui indique un état de vieillissement accéléré du cours d’eau. Le mot qui définit ce phénomène est l’eutrophisation.

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Rivière Chicot à Saint-Cuthbert ; lentilles d’eau

Pour la lentille d’eau, cela forme un tapis végétal qui empêche les rayons du soleil de pénétrer dans l’eau. La photosynthèse des plantes aquatiques s’en trouve ainsi pénalisée et ces plantes produisent moins d’oxygène ce qui met en danger l’épanouissement et la survie de la flore et de la faune aquatique présentes sous la surface de l’eau. Nous sommes à étudier le phénomène sur la rivière Chicot, phénomène qui semble avoir été induit par la chaleur extrême des derniers mois.

Vous connaissez l’expression : «Pas dans ma cour.» Mais oui malheureusement les effets du réchauffement climatiques se font sentir jusque dans notre cour. Pourtant, nous continuons à faire l’autruche ; nous continuons notre petit train de vie comme si de rien n’était. N’est-il pas étonnant sinon inquiétant que l’Environnement ne soit pas un enjeu majeur de la campagne électoral qui se déroule dans notre Belle Province. Sommes-nous en faveur que notre gouvernement fédéral utilise l’argent de nos impôts pour se porter acquéreur d’un oléoduc en décomposition ( Trans Mountain Pipeline) sans manifester au moins «une petite gêne».Sommes-nous renversés par la démission de Nicolas Hulot du gouvernement français, cet environnementaliste de grand renom ?

Cet article a été réalisé conjointement avec Jean-Pierre(Gagnon). Merci pour sa participation. Il est également l’auteur de toutes les photos.

Le 5 septembre 2018

 

 

 

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