ANADIE ET LE TRIATHLON

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Anadie est en secondaire deux. Depuis l’an passé, elle participe à un programme de sport-étude. Avec des amies, elle a choisi le triathlon. C’est un sport exigeant qui demande de la souplesse et de l’endurance puisqu’il faut performer dans trois disciplines à savoir la natation, le cyclisme et la course à pied. L’an passé Anadie s’est bien débrouillée dans la course et le vélo mais c’est surtout à la nage qu’elle a gagné des trophées.

 

Puis cette année, dès le début de septembre, les choses se sont gâtées. Les relations avec Gratina, sa nouvelle monitrice ont mal démarrées. Pour un retard d’une minute, elle lui inflige une punition ; elle lui impose de demeurer assise à ne rien faire pendant une heure. Puis au retour des élèves, elle leur conseille de ne pas s’approcher d’Anadie et de l’une de ses amies parce que qu’elles sont peut-être contagieuses d’une mauvaise influence et elle la surnomme de «Anadinoune.» D’un entrainement à l’autre, les choses empirent. Il semble que la monitrice ait une fixation sur Anadie et la prend en «grippe» c’est-à-dire en aversion. Elle la menace de l’exclure du triathlon ce qui signifierait qu’elle devrait également changer de classe, puisque cette classe est réservée aux élèves du sport-étude. Alors, il y aurait risque de perdre son année ce qui eut comme résultat de forcer sa mère à entrer en scène et à analyser la situation.

Les adolescents souvent confrontent leurs éducateurs et les défient. C’est là que l’éducateur doit montrer son degré de maturité et de compréhension de la situation. Si c’est un bon éducateur, il se servira de cela pour stimuler l’adolescent car il n’est pas sans savoir que ce sont les jeunes qui ont la plus forte personnalité qui, consciemment ou inconsciemment, le défient. Si l’éducateur s’assume et est bien dans sa peau, il saura conduire l’adolescent dans la bonne voie et lui faire comprendre où il doit mettre ses énergies à profit et quels sont les véritables obstacles à vaincre.

Sabrina, la mère d’Anadie a donc pris les choses en main. Elle a monté un dossier dans lequel elle relate les divers événements incriminants à l’égard de la monitrice qui a développé une relation toxique avec l’adolescente. Le langage de cette monitrice laisse à désirer, ce qui est un indice évident de son manque de formation. Par exemple, elle dit que l’élève «chire». Pour une expression française, l’on pourrait trouver mieux. Il semble évident que cette monitrice n’a pas la maturité nécessaire pour éduquer une adolescente telle qu’Anadie. Elle a un problème de personnalité qu’elle aurait avantage à découvrir et à gérer si elle veut continuer dans une profession d’éducation. Par ailleurs, l’adolescente doit éviter de tomber dans le piège d’une confrontation avec son entraineur(e). Non ce qu’Il faut réfléchir avec Anadie, c’est : «Quels sont tes objectifs par rapport au triathlon ?  Qu’est-ce que le triathlon peut t’apporter dans le développement de ta personnalité ? Tu as décidé de pratiquer ce sport en groupe avec une monitrice.» Il faut aussi mettre ce point en lumière et y trouver sa signification dans la même perspective de son développement personnel.

Sabrina est allée rencontrer la direction de l’école, son dossier en main. À priori, les autorités ont un préjugé favorable à l’égard du chargé d’un groupe de jeunes. Il faut donc démontrer noir sur blanc que cette entraineuse n’est pas à la hauteur de sa tâche. Ça s’est bien passé à la rencontre avec la direction. Tant mieux. Les relations avec la monitrice sont tellement toxiques qu’Anadie ne peut plus continuer avec cette monitrice. Alors, il faudra trouver une autre solution. Il y a possibilité qu’elle aille pratiquer la nage, la discipline qu’elle préfère, dans une piscine olympique.

Cependant Anadie doit demeurer dans sa classe de sport-études avec ses amis(es). Il y a lieu donc de demander une dérogation. Vous risquez alors que l’on vous refuse votre demande en arguant qu’il s’agirait d’un précédent, que d’autres élèves pourraient par la suite faire une telle demande. Et alors, quel mal y a-t-il à créer un précédent ? Si ce précédent est favorable à l’éducation d’une élève, alors tant mieux pour le précédent ; d’autres pourront en bénéficier. Non la véritable raison n’est pas là, c’est que le précédent risque de remettre en question le système qui les sert et qui assure leur rond de cuir. «L’élève est au centre de nos décisions» clame l’institution. Est-ce un leurre, une imposture ? La réalité serait tout autre. La réalité, c’est que l’on protège d’abord le système pour assurer son poste et son prestige dans la hiérarchie du système scolaire. Il n’y a rien de nouveau là-dedans. Il faut quand même espérer que les autorités de son école puissent vaincre cette culture corporative.

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Lorsque la tempête sera passée, il faudra gérer l’après turbulence. En effet, lorsque l’appareil en vol sort d’une zone de turbulence, il y a risque d’être déboussolé, alors il faut s’assurer de mettre le cap sur la destination de départ. Voilà, je crois que lorsque les choses deviennent nébuleuses et que les conflits de personnalité, tel un orage, font grimper la charge émotive de façon excessive, il faut s’arrêter quelque temps pour reprendre ses esprits, retrouver sa route en commençant par se demander : «Au fait où voulons-nous aller et quel chemin devons-nous emprunter pour y arriver ?» Pourquoi as-tu décidé de faire du triathlon ? Quels sont tes objectifs ? Comment veux-tu utiliser le triathlon pour le développement de ta personnalité ? Qu’est-ce que peut t’apporter le triathlon en ce sens ? Il y a le développement physique, la musculature. Il y a le développement moral, l’endurance, la persévérance, savoir continuer même si on ne gagne pas etc. Il y a aussi la sociabilité, les relations avec tes camarades et aussi avec l’entraineur. Un défi en soi. Tous ces éléments s’imbriquent les uns dans les autres. Ils sont pour ainsi dire interdépendants. Ce qui a accroché avec ta monitrice, ce sont les relations avec l’autorité. Bataille de coq, a remarqué ta mère. Ton «coach» n’a pas joué son rôle d’adulte à ton égard. Il va falloir tout recommencer cela avec ton nouvel entraineur ; accepter son autorité pour te permettre d’atteindre tes objectifs. Tu ne fais pas du sport pour avoir le meilleur sur ton entraineur. Son rôle, c’est de te guider dans ton développement sur tous les aspects, dans sa globalité. Tu fais aussi du triathlon pour développer de belles amitiés avec celles et ceux qui s’entrainent avec toi. Vous êtes en groupe pour vous stimuler les uns les autres, non pas pour avoir le dessus sur les autres.

«Cette monitrice t’a prise pour cible. Elle a projeté sur toi le fiel de son mal de vivre qu’il lui est impossible d’analyser n’ayant pas la capacité d’introspection requis. Alors, étant donné que tu es une ado de qui nous n’avons pas le droit d’exiger que tu prennes en main la situation, il nous faut t’extirper de ses griffes, te sortir de ce climat malsain et trouver une solution pour que tu puisses continuer à développer une saine personnalité.» Plus tard lorsque la tempête sera passée, que la turbulence sera derrière nous, il nous faudra retrouver la sérénité et la capacité de pardonner car pour cette personne aussi il faut se rappeler les sages paroles du Seigneur : «Pardonnez leur, car ils ne savent ce qu’ils font.» Oui le pardon est un baume pour l‘esprit et le cœur.

Louis Trudeau                                                                                                         5 novembre 2018

 

 

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