FAUTE DE FRANÇAIS.

Dans mon texte sur l’aloès, j’ai souligné l’apport de «ma médecin» de famille sur le sujet. Mais voilà, quelqu’un m’a fait remarquer qu’en écrivant «ma médecin» de famille, j’écorchais notre belle langue française qui possède tout un arsenal pour exprimer distinctement le masculin et le féminin. En effet, écrire «ma médecin de famille» ne respecte pas la règle en vigueur. On ne peut pas ainsi accoler le féminin et le masculin sur un même sujet, j’en conviens. Pourtant on dit bien : «mon âme» et âme est un nom féminin. Cela fait partie des incongruités de notre belle langue.

On me souligne qu’il faut dire «mon médecin» même s’il s’agit d’une femme-médecin en indiquant que lorsqu’un métier ou une profession est habituellement exercé par un homme, l’on met l’adjectif possessif au masculin même s’il s’agit d’une femme. Là non je décroche. Il me semble que la langue française doit avoir des mots et des expressions capables de tenir compte de la réalité d’aujourd’hui. En effet, n’y a-t-il pas autant de femmes que d’hommes qui pratiquent la médecine. Et même s’il n’y en avait pas, le respect envers les personnes concernées ne devrait-il pas nous obliger, sinon nous inciter à identifier les gens selon leur sexe. Personnellement, je pense que oui.

Mais comment y arriver ? Certains proposent d’ajouter un e au masculin. Oui ça va pour des mots comme auteure et ingénieure, mais pour ce qui est de médecin, l’on ne peut tout de même pas dire «ma médecine». On rapporte également que l’on pourrait donner le nom de «doctoresse», mais des docteurs, il n’y en n’a pas uniquement en médecine. Ce n’est pas une profession, c’est un diplôme universitaire. Alors que faire ?

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Maria Montessori ; femme-médecin exceptionnelle. Source Google Chrome

Pour trouver une solution, je suis allé me renseigner sur la place des femmes en médecine. Oui il y eut des femmes-médecins à travers pratiquement tous les âges et dans toutes les civilisations. Ce furent souvent elles qui, connaissant les herbes médicinales, apportaient un baume aux souffrances des membres de leur regroupement. On les a trop souvent traitées de sorcières et condamnées au bûcher particulièrement au temps des béguines et possiblement des Cathares. Mais voilà qu’à une certaine époque, on a reconnu leur présence dans la profession en les appelants des médeciennes, dont la définition est : médecin de sexe féminin.

Ce nom est tombé en désuétude. Peut-être serait-il temps de lui redonner ses titres de noblesse. Pa ailleurs, ce titre n’est peut-être pas très élégant, ni facile à intégrer dans notre vocabulaire, j’en conviens, mais il aurait le mérite de nous rappeler l’apport important de ces nombreuses femmes qui au péril de leur vie ont prodigués les soins aux membres de leur communauté en utilisant les moyens que la science de leur époque mettait à leur disposition et, bien souvent, en augmentant les connaissances médicales par leurs observations et l’amour de celles et ceux à qui elles apportaient soulagement et espoir.

Alors, si l’on acceptait cette appellation, je pourrais dire : «Ma médecienne.» Il s’agirait de s’y habituer. Ainsi les règles de la grammaire française seraient respectées et je pourrais être davantage respectueux à l’égard de la personne qui prend soin de ma santé. Bon, à moins que l’on trouve quelque chose de mieux.

Louis Trudeau                                                                                     10 décembre 2018

 

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