TRAUMATISME : 148 COUPS DE FOUET

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Certains événements peuvent laisser des traces indélébiles chez des gens alors que le même événement laisse pratiquement indifférents d’autres individus. Les spécialistes ont sans doute des explications à cela, mais je crois qu’il ne faut pas minimiser l’impact de ces expériences personnelles. Ainsi, je comprends toute l’importance que peut avoir une agression sexuelle chez une personne alors qu’elle était enfant et qui peut expliquer le comportement qui peut paraître absolument irrationnel chez cette même personne rendue à l’âge adulte. Il n’est pas facile de se débarrasser de ces expériences qui semblent profondément s’inscrire dans notre cerveau.

 

C’est ainsi que récemment je me suis rappelé certains événements qui dans mon cas ont eut une résonance somme toute positive pour les prises de décisions subséquentes dans ma vie. Par exemple je me suis demandé pourquoi, la bière m’a toujours répugné et que l’état d’ivresse était, pour moi, une situation de honte que j’ai toujours pris grand soin d’éviter, valorisant plutôt le contrôle d’une personne sur ses gestes et paroles. Oui, il m’est arrivé, dans mon enfance des événements, qui je crois peuvent expliquer cette répulsion et donc qui ont eu une influence pour la suite des choses. Heureusement pour moi, ces événements ont eu un effet bénéfique. Il n’en reste pas moins que j’en suis redevable aux valeurs transmises par ma famille qui ont eu quelque chose à voir là-dedans.

En effet, ma mère et mes sœurs m’avaient inculqué, à moi le dernier d’une famille de sept enfants, un profond respect pour la femme. La première fois que j’eus l’occasion d’assister à un spectacle désolant de femmes ivres m’a laissé des traces qui sont encore présentes dans mon cerveau. C’était durant la guerre vers 1940, je devais avoir une dizaine d’années. Je m’étais rendu au stade de balle molle (softball) assisté à une partie entre le club de mon village natal et des représentants de la garnison du campement militaire situé dans les environs. Parmi l’assistance, il y avait ces deux femmes habillées en militaire que nous identifions comme étant des CWAC (Canadian Women Army Corps) dont le comportement disgracieux dénotait sans équivoque qu’elles étaient complètement ivres. Ce fut pour moi un choc psychologique, une espèce de traumatisme. Je ne m’étais jamais imaginé qu’une femme pouvait se rabaisser à ce point. Cet événement a laissé des traces dans mon cerveau tant en ce qui concerne la consommation de boissons alcooliques que la fréquentation de certains endroits.

Il n’est pas étonnant alors qu’un autre événement m’ait récemment également choqué au plus haut point. Voici ce que les faits divers nous apprenaient récemment : «Nasrin Sotoudeh (avocate) a été condamnée à 148 coups de fouet, notamment pour s’être présentée par le passé au tribunal sans le voile islamique obligatoire pour les femmes en Iran.»

Est-ce que moi qui suis un homme, je serais capable de supporter 148 coups de fouet et demeurer vivant ? Je ne crois pas. J’en ai des frissons sur tout le corps. Quel horreur. Quelle barbarie ; Il n’y a pas d’autres mots. On se croirait au moyen âge durant les invasions barbares, où on retrouvait les Ostrogoths, les Wisigoths et les Huns ou dans une tribu primitive ou encore plus, au temps des Cro-Magnon ou des hommes du Néandertal peut-être. On ferait ça à un cheval, à une vache ou à un chien et l’on serait condamné à la prison pour cruauté envers les animaux et avec raison. Je suis incapable de ne pas être profondément en colère et révolté. Quel sauvagerie, quel sadisme, j’ai honte pour l’humanité.

Je suis traumatisé, j’en tremble, mon esprit et mon corps sont incapables de supporter un telle horreur. Ne m’en voulez pas d’avoir une espèce de sentiment de haut le cœur lorsque la vue d’un voile sur la tête de l’une de ces femmes me rappelle cet événement qui dépasse l’entendement. Alors ne soyez pas étonné si je vous dis que lorsque je vois une femme voilée, c’est aux 148 coups de fouet que je pense et que je me demande si cette femme a été informée de ces 148 coups de fouet.

Je veux bien pratiquer l’inclusion, accepter d’autres coutumes, ¸être libérale etc., mais vous m’excuserez, lorsque je vous vois avec ces voiles sur la tête, je suis incapable de ne pas penser aux 148 coups de fouet que devra subir cette femme dans un pays qui a de bonnes chances d’être de la même partie du monde que celui dont vous êtes originaires ou dont vous avez adopté la religion. S’il vous plaît, ne venez surtout pas me dire que le voile islamique n’est pas un signe de l’oppression de la femme.

Il y a des femmes musulmanes qui ne portent pas le voile. Je ne crois pas qu’elles soient de moins bonnes musulmanes pour cela, ni de moins bonnes citoyennes, ni de moins bonnes québécoises. Dans tous les cas lorsque le hasard fait que je dois croiser l’une de ces femmes non voilées soit dans la rue, soit à l’hôpital, soit ailleurs, elles ne causent aucune répulsion chez moi qui me rappellerait les 148 coups de fouet.

Louis Trudeau                                                                        30 mars 2019

 

 

 

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