LE QUÉBEC, TÉMOIN PRÉVILÉGIÉ DE L’ÉVOLUTION DE LA TERRE

      Introduction.

La rédaction du livre sur Félix le béluga m’a fait découvrir que d’importants témoins de l’évolution de la terre se retrouvent chez nous au Québec. J’ai pensé vous faire part de ces découvertes très intéressantes qui concrétisent notre connaissance de l’évolution terrestre.

  1. Les roches de la Baie d’Hudson

Savez-vous que c’est au Québec que l’on a retrouvé des roches les plus anciennes identifiées sur la planète. On évalue à 4 milliards 543 millions années l’arrivée de notre planète dans le système solaire. On dit que notre planète est née sèche, sans eau ni atmosphère.  Au début la terre était invivable. Les températures pouvaient dépasser les mille degrés Celsius. La première étape de développement fut l’apparition de l’atmosphère. Après 150 millions d’années, les océans firent leur apparition. Par la suite, il y eut l’émergence des continents. Les plus vieilles roches datant de plus de quatre milliards d’années n’existent que dans trois endroits dans le monde. (L’Odyssée de Félix le béluga p. 42)

Source NASA/JPL – Caltech 2011-10-19

 « Des roches retrouvées au Québec sont les plus anciennes connues à ce jour, ayant un  âge estimé à 4,28 milliards d’années, une découverte qui, selon une étude, fournit des indices sur les premiers stades d’évolution de la Terre. Elles sont 250 millions d’années plus anciennes que celles qui étaient connues jusque-là. Ce spécimens proviennent de la ceinture de roches vertes de Nuvvuagittuq, qui est une prolongation du substratum rocheux se trouvant en surface sur la rive orientale de la baie d’Hudson, dans le nord de Québec».  (Source Le Devoir 26 sept. 2008)

      2) Le début de la vie

En 1960, les paléontologues estimaient à 540 millions d’années le début de la vie sur notre planète. En 2017, le géologue Dominic Papineau croit avoir trouvé des microfossiles de 3, 77 milliards et peut-être même de 4, 28 milliards d’années. À quel endroit ? Dans la partie est des côtes de la baie d’Hudson soit au Québec. Il s’agissait d’organismes unicellulaires (une seule cellule). Ce sont des bactéries. Elles subsistent jusqu’à nos jours. (L’Odyssée de Félix le béluga p. 43)

     3) Les fossiles de l’île d’Anticosti

L’île d’Anticosti, la plus grande île au Québec, est d’abord reconnue pour l’abondance de ses cerfs de Virginie (chevreuils) qui y vivent sans prédateur et qui  ont été introduits sur l’île au 19è siècle par son propriétaire français d’alors, le chocolatier Henri Menier. Cependant, depuis quelques temps, une autre particularité en fait une terre de prédilection à la renommée de plus en plus internationale. Des démarches sont entreprises pour la faire reconnaitre patrimoine mondial par l’UNESCO.

En effet,  les extraordinaires bancs fossilifères de l’île d’Anticosti ont permis d’élucider ce qui aurait provoqué la première extinction de masse survenue sur Terre, il y a 445 millions d’années. « Anticosti est le meilleur laboratoire naturel du monde pour l’étude des fossiles et des couches sédimentaires de la période géologique […] allant  de 447 à 437 millions d’années, durant laquelle a eu lieu la première extinction de masse de la vie sur Terre », souligne le géologue, stratigraphe et paléontologue André Desrochers de l’Université d’Ottawa.

Rappelons qu’au moment de cette extinction, la vie était surtout concentrée dans les mers peu profondes près des continents. Et Anticosti était alors une mer tropicale peu profonde, située un peu au sud de l’équateur. On y retrouvait beaucoup d’invertébrés, mais pas tout à fait les mêmes qu’aujourd’hui, et peu de vertébrés comme tels, donc très peu de poissons. Et sur les terres émergées, que des plantes très primitives », décrit M. Desrochers.

 Cette extinction massive  —  la première des cinq extinctions de masse qu’a connues la vie sur Terre — entraîna la disparition d’environ 85 % des espèces en l’espace de plusieurs centaines de milliers d’années, voire d’un million d’années.  Cette extinction fut plus longue que celle qui a provoqué la disparition soudaine des dinosaures il y a 65,5 millions d’années. Selon une hypothèse, ce serait une diminution de la concentration en oxygène dans l’eau de mer qui aurait engendré l’extinction survenue à la fin de cette ère géologique. Les chercheurs pensent que c’est un grand refroidissement des parties peu profondes qui aurait entraîné l’effondrement de la biodiversité, car on sait qu’il y a eu de grandes glaciations à cette époque.

 « Anticosti est sans contredit le meilleur endroit au monde pour l’étude de la première extinction massive qu’a connue la vie sur Terre. Parmi la quarantaine de sites du même âge, il est le plus riche, le plus complet, le mieux conservé et où les strates sont très bien exposées », note M. Desrochers. Il relève que plus de 1450 espèces ont été décrites dans ses roches, alors qu’à peine une centaine ont été répertoriées sur le site le plus intéressant après Anticosti. « La valeur paléontologique exceptionnelle de l’île est reconnue depuis plus d’un siècle, et elle continue aujourd’hui d’attirer des chercheurs du monde entier fait valoir M. Desrochers. (Source Le Devoir, 11 nov. 2021, Pauline Gravel)

    4) Miguasha dans la Baie des Chaleurs ;  Elpi  la vedette internationale.

De la plus grande île du Québec, nous nous transportons en Gaspésie, toujours dans le Golfe Saint-Laurent vers l’extrémité ouest de la Baie des Chaleurs, au parc national de Miguasha, pour retrouver une falaise fossilifère qui nous révèle les secrets d’une autre période géologique plus récente puisqu’elle date de quelques 365 millions d’années. C’est l’époque où des espèces aquatiques ayant développé des particularités qui pouvaient leur permettre de s’aventurer hors de l’eau ont commencé à conquérir la terre ferme. Ils ont laissé une nombreuse descendance dont l’homme.

Source SÉPAQ Olivier Matton/Johanne Kerr

Depuis les dernières saisons, une moyenne de 500 nouveaux spécimens viennent, à chaque année, enrichir la collection du musée d’histoire naturelle du parc national de Miguasha qui,  de fait est une étroite bande de terre longeant la falaise fossilifère. En 2010, un fossile découvert à cet endroit, devint une véritable vedette internationale. On le surnomma Elpi, diminutif d’Elpistostege watsoni. Il s’agit du chaînon de la transmission de la vie aquatique à la vie terrestre qui, à ce jour, faisaient défaut.

La collection nationale du musée compte plus de 12 000 spécimens. Les fossiles et la collection du parc national de Miguasha sont une richesse inestimable du patrimoine québécois en plus de représenter un joyau du patrimoine naturel mondial.( L’Odyssée de Félix le béluga p.45-47)

  • Félix le Béluga et  la mer de Champlain

C’est dans un champ comme il en existe tant d’autres, que Mme Monique Hénault a remarqué des os pas ordinaires le long de la paroi du fossé d’irrigation qu’elle venait de faire creuser sur l’une de ses terres à Saint-Félix-de-Valois. Rien n’indiquait qu’il pouvait se trouver là un squelette de Béluga à 23 kilomètres du fleuve Saint-Laurent. Elle s’est quand même rappelé la mer de Champlain ce qui rendait sa découverte plausible.

Source Pierre Murray

Les  géologues, archéologues et paléontologues venus à la rescousse lui ont donné raison, Félix, c’est le nom qu’on lui a donné à cause de l’endroit de la découverte, est décédé il y a 10 700 ans ± 90. L’analyse  au carbone 14  a été faite par des scientifiques du Musée Canadien de la Nature à Ottawa qui ont également déclaré que le squelette de baleine blanche appelé Félix est le mieux préservé et répertorié en Amérique du Nord.

Félix nous mets directement en lien avec les bélugas actuels de l’estuaire du Saint-Laurent. Il en a les mêmes caractéristiques.  De plus, nous avons découvert que les bélugas du troupeau actuel de l’estuaire du Saint-Laurent sont les descendants de ceux de la mer de Champlain au point où l’on peut se demander si certains d’entre eux ne sont pas de la lignée de notre ami Félix. Nous avons réalisé également que c’est le regroupement de Bélugas le plus au Sud de l’hémisphère nord et qu’il n’a pas de contact avec les autres troupeaux.

Ils sont, pour ainsi dire, les plus anciens résidents de notre territoire.

Ils constituent donc un patrimoine vivant.

Pour ces raisons nous en sommes venus à la suggestion de faire reconnaitre le site où se déploie  le troupeau de bélugas du Saint-Laurent, menacé d’extinction,  Patrimoine Mondial de la Biodiversité. (L’Odyssée de Félix le béluga)

     Conclusion

Il y a certes d’autres endroits porteurs de trésors cachés ailleurs au Québec. S’il vous arrivait d’en connaitre l’existence, n’hésitez pas à en aviser les autorités compétentes. Ce sont des biens collectifs dont nous avons le devoir de partager la valeur avec l’ensemble de notre société.

Notons également qu’Il se peut fort bien que de nouvelles découvertes viennent compléter, même contredire certaines des informations transmises dans ce document, il n’en serait que plus agréable. Ainsi va la science, chaque jour apporte de nouvelles connaissances qui viennent ébranler nos certitudes.

De toute façon, il ne s’agit pas ici d’un travail scientifique, mais d’une contribution à la connaissance collective des québécois du patrimoine naturel de leur milieu de vie. C’est un effort pour développer leur attachement soit à leur terre natale soit  à leur milieu d’accueil et leur permettre  d’en découvrir toujours davantage la beauté et la richesse ce qui est un présage d’une meilleure prise en charge et de reconnaissance d’habiter un endroit si extraordinaire.

           Louis Trudeau, le 15 novembre 2021

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