REPENSER LA POLITIQUE

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M. René Lévesque

Le temps des élections est une période idéale pour réfléchir à notre système politique qui se veut démocratique. C’est vrai que nous avons la chance de vivre dans une véritable démocratie et qu’il nous est loisible d’exprimer notre vision de la chose. Alors pourquoi ne pas en profiter et si je vous disais : La structure organisationnelle du système politique québécois est désuète et pourtant aucun politicien ne la remet en question. Ils y trouvent leur compte, mais la population est mal desservie. Ceci est particulièrement observable en ce qui concerne les ministères de la santé, de l’éducation et des transports qui sont des dinosaures à transformer. Pourra-t-on un jour retrouver des politiciens de la trempe de M. René Lévesque, de M. Paul Gérin-Lajoie et de Mme Lise Payette ?

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M. Paul Gérin-Lajoie

Pour le moment attardons-nous au ministère de la Santé. L’on ne sait trop si le ministre de la santé parle et agit d’abord en tant que médecin, ou en tant que gestionnaire ou encore de politicien. L’imbroglio est opaque. De plus le système électoral aux quatre ans dicte la politique à exercer pour s’assurer d’une réélection d’un quadriennat à l’autre. Le système actuel fait en sorte qu’après le scrutin l’on sert la ceinture des citoyens d’une façon excessive pour permettre des largesses la veille des élections. Pendant ce temps-là, l’actualisation des lois traine de la patte. C’est la base de la gestion de nos politiciens. Alors il faut mettre un terme à ce système.

La seule façon de le faire, c’est de transformer le ministère de la Santé en agence gouvernementale sur le modèle d’Hydro-Québec, mutatis mudantis, c’est-à-dire avec les ajustements nécessaires et ainsi établir une structure organisationnelle autonome indépendante de la politique. Cette agence aurait la responsabilité d’une gestion efficace de l’ensemble des services sociaux et de santé. Ainsi le ministère de la Santé serait allégé de son rôle de gestionnaire et pourrait se consacrer davantage à son rôle de chien de garde et surtout à son rôle législatif dans une société en perpétuelle mutation.

Un exemple inspirant : Hydro-Québec.

Hydro-Québec, malgré certaines faiblesses est une réussite. Alors pourquoi ne pas s’en inspirer. Ne sommes-nous pas fiers de notre Hydro-Québec qui est reconnu comme l’une des entreprises les plus efficaces au pays. Les pannes occasionnées par les intempéries sont rapidement réparées par des équipes compétentes immédiatement mises en œuvre. Chez Hydro-Québec, parmi le personnel, il existe une culture de fierté d’appartenir à l’organisation plutôt qu’une culture d’insatisfaction chronique comme dans certaines de nos institutions de santé.

Un pouvoir alternatif qui fait pendant au pouvoir des politiciens.

Hydro-Québec n’est pas en dehors du giron politique. Elle a des comptes à rendre au gouvernement. Il y a entre ce dernier et notre compagnie d’état un équilibre des forces qui est bénéfique pour la population. Récemment, nous avons assisté à une partie de bras-de-fer entre les deux au sujet de l’éventuelle installation d’un parc éolien sur le territoire d’une nation autochtone de la Côte-Nord ce qui a obligé l’un et l’autre à prendre en considération l’ensemble des facteurs causant la controverse. Ce bras-de-fer entre le ministre et le président directeur général d’Hydro-Québec démontre bien que ni l’un ni l’autre n’a de pouvoir absolu et se doit de faire la démonstration du bien fondé de sa position vis-à-vis la population de la région concernée, mais également de l’ensemble du Québec. La décision n’a pu être prise d’abord et avant tout pour des considérations électoralistes.

Une remarque en passant. Imaginez ce qui serait arrivé, il y a quatre ans après les élections, si Hydro-Québec avait été un ministère comme les autres, lorsque le gouvernement a fait des coupures draconiennes un peu partout ; imaginez ce qui serait arrivé de notre compte d’électricité.

Besoin criant au Ministère de la Santé.

Actuellement, le ministère de la Santé peut nous apparaitre comme «un coq pas de tête» qui sautille dans tous les sens. On procède à la pièce. On va rénover tel hôpital, en construire un nouveau en tel endroit. Mais comment établit-on les priorités ? Est-ce le besoin de faire élire des députés dans telle région ?

Le cas de la directrice général du Chu de Québec est symptomatique. C’est une gestionnaire exceptionnelle. Elle a compris que pour être à la tête de l’ensemble du réseau, elle se devait d’être ministre de la santé. Elle décida pour un parti qui ne lui garantissait pas ce poste, alors elle se ravise et change de parti. Pourquoi veut-elle aller en politique ? Est-ce pour représenter les citoyens de son comté à l’Assemblée Nationale ? Pour prendre en charge leurs problèmes et leurs revendications ? Est-ce pour élaborer des lois qui dictent la façon d’agir des citoyens ? Il semble qu’elle soit plutôt intéressée à gérer l’ensemble des services de Santé du Québec. Pour ce faire, elle doit devenir ministre de la Santé. Dans son cas, étant donné ses compétences, il semble bien que ce soit un désir légitime de sa part. Mais si une agence provinciale responsable de l’ensemble des services de Santé existait, ne serait-ce pas là qu’une personne de sa qualité pourrait se diriger et faire bénéficier l’ensemble des québécois de ses talents de gestionnaire. Par ailleurs, ses apparitions en public nous laissent des doutes sur ses qualités de politicienne. Donc une bon gestionnaire, n’est pas nécessairement un bon politicien et vice versa. Avez-vous remarqué que jusqu’à ce jour, aucun président directeur-général d’Hydro-Québec n’a fait le saut en politique.

Les avantages d’une Agence Québécoise de la Santé sont nombreux. Il serait trop long d’en faire la démonstration et même de les énumérés. Notons tout de même que la planification et la priorisation des interventions pourraient se faire d’abord et avant tout à partir des besoins réels de la population. Une telle agence pourrait être à l’avant-garde des nouvelles technologies, stimuler davantage ses professionnels dans le développement de leurs compétences et dans la recherche etc. Même plus, elle pourrait générer des revenus. C’est à voir.

Le volet législatif mal desservi.

Le volet législatif de notre Assemblée Nationale est mal foutu. On est souvent en retard sur la réalité. On vote des lois mal ficelées. On peut prendre comme exemple la loi récente qui permet aux policiers de donner des contraventions de 169$ pour un simple stationnement sur le mauvais côté de la rue avec des signalisations qui sont de véritables casse-têtes. C’est tellement inadapté qu’on a dû revenir sur cette décision.

En lâchant du lest par la création de nouvelles agences de gestion, les élus pourraient se consacrer davantage à élaborer des lois qui soient au diapason des besoins actuels des citoyens. Rôle qui maintenant est occulté par le souci d’être des gestionnaires plus ou moins compétents.

Le plus gros obstacle.

Le plus gros obstacle, c’est la hantise du pouvoir. Certains objecteront que le pouvoir doit appartenir aux élus. La réponse c’est qu’il ne doit pas y avoir de pouvoir absolu. Le pouvoir doit être partagé entre l’élu et le compétent. Nommer le président directeur-général d’Hydro-Québec, c’est lui reconnaitre sa compétence particulière dans ce domaine, c’est donc lui attribuer et reconnaitre nécessairement un pouvoir de haut niveau. Alors pourquoi ne pas développer d’excellents gestionnaires dans des domaines comme la Santé qui pourront avoir une influence saine et reconnue sur les élus. D’ailleurs tous ces postes de haut niveau devraient être nommés par le deux-tiers des voix de l’Assemblée Nationale.

Conclusion.

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Mme Lise Payette

Ce que dont nous avons besoin, ce ne sont pas des politiciens gestionnaires à la petite semaine, mais de véritables leaders qui orientent la population vers son avenir en lui fournissant les outils pour y arriver que sont les lois adaptées à société d’aujourd’hui. Nous voudrions avoir des leaders qui projettent la nation québécoise vers son avenir, un avenir enlevant, inspirant. Mme Lise Payette fut une grande dame de notre histoire et c’est son rôle de législateur que nous devons, entre autres retenir. C’est grâce à elle que nous pouvons encore aujourd’hui jouir de la loi de l’assurance-automobile. Il en va de même de M. Paul Gérin-Lajoie pour ce qui est de l’éducation et bien évidemment de M. René Lévesque à qui nous devons l’Hydro-Québec dans sa version actuelle.

Je vous laisse le loisir de réfléchir à ma proposition qui sans doute aurait besoin d’être élaborée et nuancée davantage. On pourrait expliquer plus en profondeur, donner des exemples etc. Mais déjà mon texte est un peu long. Donc à vous de rebondir et d’exprimer votre opinion. Nous pourrions continuer en examinant également le ministère de l’Éducation et même le ministère des Transports.

Louis Trudeau                                                                                     19 septembre 2018

 

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